Homélie prononcée par le frère Aubin Aguessy, à la messe de requiem pour le repos de l’âme du frère Giulio PIERANI à Klouékanmé

Mercredi 28 septembre 2022

Je commencerai par nous remercier tous et chacun, pour nos prières et pour notre présence ici. C’est une grande marque de sympathie et d’affection pour notre illustre défunt, et en même temps un signe de solidarité à l’endroit notre Custodie St. Pio. Merci, merci, merci.

Quand le frère Jean me demandait de venir présider à cette Eucharistie dans la fraternité de St. Bonaventure, je me suis demandé qu’est-ce qu’il faut dire encore après une si émouvante célébration ou tous les discours ont fait éloge du frère, et ceci en toute objectivité. Je me suis dit que je vais me pencher du côté de la subjectivité. Et dire mes opinions personnelles sur l’homme. Il nous faut reconnaître que le départ du Frère, nous a sérieusement affecté. D’abord pour son caractère surprenant, pour l’homme dont il s’agit, pour ce type de mort silencieuse.

Comment  peut-elle prendre aussi facilement Giulio ?

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Homélie prononcée par le frère Aubin Aguessy, OFM.Cap à la messe de requiem de l’âme du frère Giulio PIERANI à Klouékanmé



Homélie prononcée par le frère Aubin Aguessy, à la messe de requiem pour le repos de l’âme du frère Giulio PIERANI à Klouékanmé

Mercredi 28 septembre 2022


Je commencerai par nous remercier tous et chacun, pour nos prières et pour notre présence ici. C’est une grande marque de sympathie et d’affection pour notre illustre défunt, et en même temps un signe de solidarité à l’endroit notre Custodie St. Pio. Merci, merci, merci.

Quand le frère Jean me demandait de venir présider à cette Eucharistie dans la fraternité de St. Bonaventure, je me suis demandé qu’est-ce qu’il faut dire encore après une si émouvante célébration ou tous les discours ont fait éloge du frère, et ceci en toute objectivité. Je me suis dit que je vais me pencher du côté de la subjectivité. Et dire mes opinions personnelles sur l’homme. Il nous faut reconnaître que le départ du Frère, nous a sérieusement affecté. D’abord pour son caractère surprenant, pour l’homme dont il s’agit, pour ce type de mort silencieuse.

Comment  peut-elle prendre aussi facilement Giulio ?

J’étais encore sur le choc, et aux vêpres, en pleine retraite, mon attention a été saisie par une phrase du Psaume 115,15, qui m’a signifié les limites sans limites de la question de la mort. Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! La mort est un problème pour Dieu lui-même. La mort est onéreuse pour Dieu lui-même, la mort est laborieuse pour Dieu lui-même. La mort est un mystère pour Dieu lui-même. Il en coûte au seigneur de voir mourir les siens. C’est comme si lui-même, il est impuissant devant le mystère de la mort et il en souffre avec nous et comme nous.

« Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. » Invoquons le nom du seigneur dans l’action de grâce pour tout, comme dit le même auteur de ce Psaume. Voilà le premier sens de cette célébration eucharistique qui nous rassemble cet après-midi : Remettre tout à Dieu dans l’action de grâce. Comme je l’avais dit, pour m’exprimer à partir de ma subjectivité, je pourrais dire, quand j’ai entendu ce matin de la fête du Martyre de Jean-Baptiste, la mort du frère de Giulio, j’ai dit aux confrères : « Giulio est un système. » Comment un tel système peut banalement tomber ?

Giulio est un mode de pensée, c’est une pensée d’influence, un code de réflexion avant même d’être un comportement. Ce n’est pas seulement un homme qui vient de partir, c’est tout un système qui s’en est allé. Parlons d’un seul aspect de ce système. On dirait qu’il est venu au Bénin, avec une mission précise de la part de la province des Marches d’Ancone. Renforcer la mission d’implanter l’Ordre des capucins au Bénin. Toute sa vie au Bénin, selon moi, était de déployer les limites de cet objectif précis. Il n’a jamais été distrait par autre chose, intéressé par autre chose. Il ne s’est jamais investi dans l’évangélisation, ni dans les problèmes d’église locale, dans les problèmes du clergé local… Il ne s’est intéressé à avoir des amis, des connaissances, etc.

Pour cela, il s’est investi à fond dans la formation des jeunes Béninois et il n’a fait que cela. Capucin scrupuleux ou capucin tout court, il n’a travaillé que pour en fabriquer. Giulio est un formateur. On peut lui reprocher des choses qui concerne sa manière de gouverner, en ce qui concerne la construction des bâtiments, mais aucun jeune ne peut lui reprocher quelque chose de consistant au sujet de la formation. Il est prêt à tout disposé pour les jeunes en formation, défendre les jeunes, donner une nouvelle chance aux jeunes, au point même de paraître laxiste. Son influence dans la formation, dans l’accompagnement, des religieux et religieuses, au niveau national, comme dans la sous-région, est à tout point de vue remarquable.

Après la formation initiale, il ne s’arrête pas. C’est Giulio qui a envoyé la plupart des frères en formation à l’étranger. Et ceci dans des universités de qualité. Il est prêt à dépouiller les communautés des jeunes gens vaillants au travail dans les communautés ou en paroisse, et les balancer dans des études universitaires et ceci pour plusieurs années. Il fut une année où il était même prêt à envoyer cinq jeunes frères rien que pour la philosophie pour qu’il revienne comme des formateurs qualifiés. Comme formateur, il veut toujours donner le bon exemple. Il n’a jamais voulu se lamenter dans la maladie. Il cache ses souffrances. Je parie que le mal qui l’a emporté faisait son chemin en lui depuis un temps et il n’en a pas parlé. Nous pouvons lui dire dans ce cas qu’il a mal fait. Mais il n’est plus ici. Son silence sur sa maladie est devenu un silence éternel.

Que ce silence soit pour lui un face à face éternel. Amen

Frère Aubin Aguessy, OFM.Cap

BIOGRAPHIE DU FRERE GIULIO PIERANI

BIOGRAPHIE DU FRERE GIULIO PIERANI

Giulio PIERANI naquit le 6 janvier 1957 à Montelabbate (Pesaro-Italie). Après ses études secondaires couronnées par le diplôme d’Etat du lycée classique de Pesaro, Il fit son entrée au postulat de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins le 22 février 1976 à Cingoli. Il commença le noviciat le 19 août 1977 et fit la profession temporaire le 5 septembre 1978 à Camerino, puis la profession perpétuelle le 4 octobre 1981 à Pesaro. Ordonné diacre, le 19 décembre 1982, à Ostra ; il devint prêtre le 10 septembre 1983 à Pesaro. 

Après son ordination, il exerça plusieurs fonctions et services dans la province des Marches en tant que promoteur des vocations (1983), formateur assistant au séminaire séraphique de Fermo (1984). De 1985 à 1987, il accomplit un parcours de Licence en Théologie Sacrée avec spécialisation en vie religieuse à l’Université Pontificale du Latran. De retour en province, il assure pendant six ans la charge de directeur du Séminaire Séraphique (1987-1993). Ensuite transféré à Ancona, il sera gardien de fraternité, directeur des post-novices et étudiants en Théologie, Secrétaire provincial pour la formation initiale et permanente (1993-1997). Ayant gagné l’estime de ses frères dans l’exercice de ces fonctions, il sera élu conseiller provincial à deux reprises. D’abord en 1988 puis en 1994.

Après ces services accomplis en province, sa disponibilité l’a amené à accepter, le 16 janvier 1998, la lettre d’obédience du Ministre Général, Frère John Corriveau, pour se rendre au Bénin en tant que missionnaire. Le 10 février 1998, le Frère Giulio arrive en terre béninoise. Après deux mois passés dans la fraternité de Cotonou, il sera affecté dans la fraternité Notre-Dame de Lorette de Ouidah où il vécut pendant 17 ans en se distinguant particulièrement dans la formation des jeunes profès dont il était le maître et en assurant la charge de gardien, puis de directeur du CEPF durant 11 ans à Ouidah. A ce poste, il a été le formateur de plusieurs générations de frères mineurs capucins provenant du Bénin, du Burkina-Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, et de la Guinée Equatoriale. De 2012 à 2013, il a été Vicaire de la fraternité de Cotonou. Il fut également Custode (Supérieur Régulier des Frères Capucins du Bénin) du 24 avril 1999 au 29 juin 2005 ; puis du 30 juin 2017 au 25 septembre 2020. Il a assuré à ce titre plusieurs responsabilités au sein de la Conférence des Supérieurs Majeurs du Bénin et de la Conférence des Capucins de l’Afrique de l’Ouest (CONCAO). Depuis juin 2017, il assure la présidence de l’ONG Franciscains Bénin. Depuis, le 15 octobre 2020, il assurait le service de Maître des étudiants en théologie et Gardien (Supérieur) de la Fraternité Saint-Bonaventure à Klouékanmé. En juillet 2022, il venait d’être nommé gardien de la fraternité paroissiale de Wawata et confesseur des moniales Clarisses Capucines et des Filles de Saint Camille. Il s’apprêtait à assurer cette nouvelle charge quand il plut au Seigneur de le rappeler à Lui à l’âge de 65 ans, alors qu’il s’apprêtait à célébrer le 05 Septembre passé 44 ans de vie religieuse et le 10 Septembre passé ses 39 ans de sacerdoce. Il a été missionnaire au Bénin durant 24 ans et avait même enclenché la procédure d’obtention de la nationalité béninoise.  Que le Seigneur lui accorde la récompense du bon et fidèle serviteur. Amen !