COLLOQUE INTERDISCIPLINAIRE SUR : Le cantique des créatures
Mot d’accueil du Frère Bernardin BOKO, custode des frères mineurs capucins au Benin
Chers frères et sœurs,
C’est avec une immense joie que je vous accueille aujourd’hui à ce colloque consacré au Cantique du Frère Soleil. Nous nous réunissons ici pour célébrer non seulement la beauté de la création, mais aussi la manière dont Dieu se manifeste à travers elle. Comme le dit si bien notre frère François, chaque élément de la nature chante la gloire du Créateur.
Le Cantique de Frère Soleil est bien plus qu’un poème ; c’est une invitation à reconnaître l’éclat du beau dans le monde qui nous entoure. En découvrant cette beauté, nous comprenons que la création est notre sœur et que Dieu est notre Père, unis dans cette grande fraternité qui nous lie tous.
Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de rompre avec notre attitude naturelle, souvent empreinte d’indifférence envers notre environnement. C’est le cœur même de notre colloque : promouvoir une fraternité écologique. Le Cantique de la Créature est une célébration qui nous rappelle notre responsabilité envers notre planète et les générations futures.
Au cours de nos échanges, nous explorerons trois voies qui nous guideront vers cette fraternité tant recherchée :
La voie purificatrice, pour nettoyer nos cœurs et nos esprits des attitudes destructrices.
La voie illuminative, qui nous éclairera sur la beauté intrinsèque de la création.
La voie perfective, qui nous poussera à agir pour un monde meilleur, en harmonie avec notre environnement.
Je vous invite à participer activement à ces réflexions, à partager vos idées et à vous laisser inspirer par la richesse de notre thème. Que ce colloque soit une source de lumière et d’engagement pour chacun d’entre nous.
Nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement d’une nouvelle plateforme en ligne dédiée à la demande de messes, mise en place par les Frères Mineurs Capucins. Cette initiative vise à faciliter l’accès aux célébrations eucharistiques, permettant ainsi à chacun de demander des messes depuis le confort de son domicile.
Un service simplifié
Face aux défis rencontrés par beaucoup d’entre nous, notamment en raison des restrictions sanitaires, cette plateforme a été conçue pour répondre à vos besoins spirituels. Grâce à une interface conviviale, vous pourrez soumettre votre intention de prière en quelques clics.
Vous aurez la possibilité de spécifier :
La date souhaitée pour la messe
Le motif de votre demande (anniversaire, deuil, ou autre intention particulière)
Vos coordonnées pour recevoir un certificat de célébration par email
Maintenir le lien spirituel
Bien que cette plateforme ne remplace pas la messe en présentiel, elle représente une solution moderne pour ceux qui ne peuvent se déplacer. Les Frères Capucins souhaitent ainsi maintenir un lien fort avec tous les fidèles, même à distance.
Nous espérons que cette nouvelle initiative sera accueillie avec bienveillance et que vous continuerez à nous soutenir par la prière. Ensemble, restons unis dans notre foi, malgré les circonstances actuelles.
Pour accéder à la plateforme, rendez-vous sur le site internet des freres mineurs capucins du Benin
L’Ordination Diaconale de Frère Jean-Claude GBAKOE et Frère Xavier MEGBENETO : Une Célébration Majeure pour la Custodie des Frères Mineurs Capucins au Bénin
La Custodie des Frères Mineurs Capucins au Bénin est aux portes d’une célébration majeure avec l’ordination diaconale de deux de ses frères éminents. Frère Jean-Claude Gbakoe et Frère Xavier Megbenato recevront l’ordination lors d’une cérémonie solennelle qui se déroulera le 4 mai 2024, à la cathédrale Notre-Dame de Miséricorde de Cotonou, sous l’imposition des mains de l’archevêque Monseigneur Mgr Roger Houngbédji. Cette occasion spéciale représente un jalon important dans leur cheminement spirituel et leur dévouement à l’Église catholique.
La cérémonie d’ordination diaconale de Frère Jean-Claude Gbakoe et Frère Xavier Megbenato sera un événement mémorable pour la Custodie des Frères Mineurs Capucins au Bénin. Elle se tiendra le 4 mai 2024, à la cathédrale Notre-Dame de Miséricorde de Cotonou, à 9h30. L’archevêque Monseigneur Roger Houngbédji présidera la cérémonie et imposera les mains sur les deux frères, les consacrant ainsi diacres.
L’ordination diaconale est une étape significative dans le parcours vers le sacerdoce. Elle confère aux ordinands le pouvoir de prêcher, de baptiser, de bénir les mariages et de servir la communauté dans diverses fonctions liturgiques. Frère Jean-Claude Gbakoe et Frère Xavier Megbenato seront ainsi investis d’une nouvelle responsabilité dans leur mission de servir Dieu et le peuple de Dieu.
L’ordination diaconale de Frère Jean-Claude Gbakoe et Frère Xavier Megbenato est un moment de grande joie et de fierté pour la Custodie des Frères Mineurs Capucins au Bénin. Leur engagement envers la foi, leur dévouement envers l’Église et leur service désintéressé envers la communauté sont des exemples inspirants pour tous. Nous les félicitons chaleureusement et leur souhaitons une vie de service fructueux en tant que diacres. Puissent-ils continuer à être des témoins de l’amour et de la miséricorde de Dieu pour lepeuple béninois et être une source d’inspiration pour les générations futures. La Custodie des Frères Mineurs Capucins au Bénin se réjouit de célébrer cette étape importante dans la vie de ses frères et invite tous les fidèles à se joindre à eux lors de la cérémonie solennelle qui se déroulera le 4 mai 2024 à la cathédrale Notre-Dame de Miséricorde de Cotonou. Que cette journée soit emplie de bénédiction et de grâce pour Frère Jean-Claude Gbakoe, Frère Xavier Megbenato et toute la communauté des Frères Mineurs Capucins au Bénin.
La profession perpétuelle de nos frères Sylvestre, Jean-Claude, Brice, Sébastien, Geraldo : Samedi 10 décembre 2022
———————————-
Chers pères concélébrants, frères et sœurs dans la vie consacrée, chers parents (Venus de loin et de près) et bien-aimés dans le Seigneur, nous célébrons dans la joie la solennité de Notre Dame de Lorette. Au cœur de cette solennité, nous rendons grâce au Seigneur pour trois choses : la première est la fête patronale de la maison de formation qui nous accueille, la deuxième est la clôture de son jubilé d’argent et enfin la profession perpétuelle de nos frères Sylvestre, Jean-Claude, Brice, Sébastien, Geraldo. Cette action de grâce se passe sous le regard bienveillant de la Vierge Marie à Nazareth. La Sainte Maison de Lorette nous rappelle l’expérience de la sainte famille de Nazareth. Je voudrais ce matin que cet endroit devienne Nazareth.
Nazareth, lieu d’écoute et d’accueil de la volonté de Dieu
Nazareth, qui signifie étymologiquement verdoyant, rejeton et germe, est le lieu où l’ange Gabriel fut envoyé pour apporter à Marie la plus grande des nouvelles : la bonne nouvelle de l’annonciation. L’évangile de ce jour nous rend contemporains de l’Annonciation où la salutation de l’Ange à Marie est une invitation à la joie : « Réjouis-toi Marie, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». L’hymne acathiste amplifie cette salutation :
Réjouis-toi en qui resplendit la joie du Salut Réjouis-toi en qui s’éteint la sombre malédiction Réjouis-toi en qui Adam est relevé de sa chute Réjouis-toi en qui Ève est libérée de ses larmes
Réjouis-toi Montagne dont la hauteur dépasse la pensée des hommes Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable même aux anges Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi Réjouis-toi tu portes en ton sein Celui qui porte tout
Réjouis-toi Étoile qui annonce le Lever du Soleil Réjouis-toi tu accueilles en ta chair ton enfant et ton Dieu Réjouis-toi tu es la première de la Création Nouvelle Réjouis-toi en toi nous adorons l’Artisan de l’univers
La joie de Marie provient de l’élection divine. Elle a été choisie pour être la Mère de Dieu. C’est parce qu’elle réalise et accomplit la prophétie d’Isaïe dans la première lecture qu’elle « nous conduit à la connaissance du secret de la joie chrétienne, en nous rappelant que le christianisme est avant tout euangelion, “bonne nouvelle”, dont le centre, plus encore le contenu lui-même, réside dans la personne du Christ, le Verbe fait chair, l’unique Sauveur du monde » (Rosarium Virginis Mariae § 20). Pour devenir la Mère de l’unique sauveur, Marie a écouté et a accueilli la volonté de Dieu.
Chers frères, bientôt, vous allez émettre vos vœux perpétuels, je vous invite à demander la grâce de l’écoute comme la Vierge Marie. Il s’agit de « l’écoute qui nous rend attentif à l’autre, qui fait attention aux frères et aux sœurs d’à côté » (Le don de la fidélité et la joie de la persévérance, §7). L’écoute n’est pas optionnelle dans la vie religieuse. Elle est un exercice difficile. Elle s’inscrit dans la perspective de l’écoute synodale. De même que l’écoute synodale est orientée vers le discernement ainsi l’écoute de la personne consacrée a pour but de discerner la volonté de Dieu afin de l’accomplir.
La Vierge Marie a posé une question à l’Ange Gabriel afin d’entrer davantage dans la compréhension de son message : « Comment cela va-t-il se faire puisque je suis Vierge ? ». Cette question va permettre à l’Ange Gabriel de lui étaler le projet de Dieu. Vivre pour réaliser le projet de Dieu est la seule raison d’être d’une âme consacrée. Cette raison d’être nécessite une conversion évangélique. Lorsque nous voyons la manière de vivre de plusieurs religieux, nous pourrions penser que nous arnaquons Dieu. Il n’existe pas un réel désir de conversion. Mais nous sommes des manipulateurs dans l’unique but de voir nos propres volontés devenues la volonté de Dieu. Mais avec la Vierge Marie, nous percevons la richesse d’abandonner sa propre volonté à celle de Dieu. La seule chose qui peut nous préserver de cette arnaque est une intimité grandissante avec le Seigneur.
Nazareth, lieu d’intimité avec Jésus, Marie et Joseph
La santa casa de Lorette rappelle la vie quotidienne de la sainte famille de Nazareth. Dans leur vie ordinaire, Marie et Joseph partagent l’intimité de Jésus. Ils vivent sans cesse en présence du Jésus. C’est sous le regard bienveillant de Jésus, Fils de Dieu, que les deux vivaient leur vie de couple. Combien d’âmes consacrées entretiennent une intimité avec le Christ ? Combien d’âmes consacrées prient avec le bréviaire au lieu de réciter le bréviaire ? Aujourd’hui, la vie consacrée peine parce que nous n’avons pas d’intimité avec le Christ. Nous allons à la messe chaque jour, nous prions trois ou quatre fois par jour sans conviction. Sans cette intimité, nous ne pouvons rien faire. Nous allons simplement continuer à vivre une consécration exécrable où la sequala Christi ne sera pas le leimotiv. Notre trésor ne sera pas le Christ mais nos soifs de posséder, de dominer et de nous réaliser sans Dieu.
Chers frères, Sylvestre, Brice, Jean-Claude, Sébastien et Géraldo, il va falloir prendre une décision aujourd’hui. Cette décision donnera de la consistance aux vœux que vous allez professer tout à l’heure. De cette décision dépend votre fidélité. Sr Charles de Foucault a pris la même décision avant vous. Dans sa longue lettre à son père spirituel, l’abbé Huvelin, il écrit : « Ma vocation est d’imiter le plus parfaitement possible Notre-Seigneur dans sa vie cachée de Nazareth ». Saint Charles de Foucault a passé un temps à Nazareth. Il est fasciné par cette bourgade de Nazareth. Jésus y a vécu auprès de Joseph et de Marie une vie cachée, obéissante, pauvre.
La contemplation de Jésus de Nazareth nous fait découvrir les trois dimensions inséparables de l’appellation Jésus de Nazareth : Sauveur de tous, Dieu et Fils de Dieu. Cette contemplation ravive en nous le désir profond d’être des disciples du Christ. Le disciple n’est pas plus grand que son maître. Le frère Charles de Jésus disait : « c’est par amour que l’on devient disciple et il n’y a pas d’amour sans désir d’imitation ». A Nazareth, Charles de Foucauld est plus particulièrement disciple en « étant avec Jésus ». Il veut lui tenir compagnie comme Marie et Joseph. Être avec Jésus comme Dieu avec nous (Emmanuel), ne faire plus qu’un avec lui, tel est le désir de Charles de Foucauld. Que le Seigneur ravive en vous ce désir.
Ce désir avait été entièrement réalisé par notre père séraphique François d’Assise. Pour François, il ne s’agit pas de regarder le Christ, mais bien de devenir Jésus, de l’imiter jusqu’à en être revêtu, autant que cela peut se faire. Il est à la fois amant et imitateur. Il a imité Jésus dans l’humilité de son incarnation et la charité de sa Passion. Saint Bonaventure écrivait dans Legenda Major : « Lors donc que le véritable amour de Jésus-Christ eut transformé ainsi en sa ressemblance celui qui en était pénétré, […] l’homme angélique, François, descendit de la montagne portant avec lui l’image de son Seigneur crucifié, image non gravée sur la pierre ou le bois par la main de l’ouvrier, mais imprimée en sa chair par le doigt du Dieu vivant ». (Saint Bonaventure, Legenda Major (LM), chapitre 13).
Chers frères Sylvestre, Brice, Jean-Claude, Sébastien et Géraldo, vous allez, tout à l’heure par la profession des vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, concrétiser votre désir d’imiter et d’être avec le Christ en choisissant de vivre la Règle de Vie des frères Mineurs et les Constitutions de l’ordre des Frères Mineurs capucins. Vous allez sans cesse être tentés par les trois plaies qui gangrènent la Vie consacrée en Afrique : affaires de mœurs (relations illicites hommes-femmes, prêtres-religieuses, religieux-religieuses) ; détournements financiers (construire sa maison pour faciliter la double vie, profiter d’une situation d’autorité pour acquérir un véhicule luxueux ou des vêtements hors prix) et enfin accusations de sorcellerie. Pour ne pas vous laisser emporter par le vent de ces tentations, il vous faut revenir à Nazareth comme lieu excellence d’échange incommensurable où la nature humaine s’ennoblit sans cesse au contact de la Nature divine et balbutier cette prière du petit frère de Jésus :
« Mon Père, Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père.»
Nazareth, lieu d’admirable échange
A Nazareth, Jésus a appris à vivre avec Marie et Joseph et réciproquement. Ensemble, Jésus Marie et Joseph ont vécu la belle aventure du mystère de l’Incarnation : « Le Verbe s’est fait chair afin que la chair devienne Verbe ». Chers parents, amis et bienfaiteurs de nos heureux du jour, à l’instar de Marie et Joseph qui ont aidé Jésus à faire la volonté de Dieu, je vous demande d’aider vos fils à vivre pleinement leur vocation. Que Dieu vous comble abondamment et à vous tous, venus fêter avec nous la solennité de Notre Dame de Lorette, j’implore sur vous la bénédiction maternelle de la Vierge Marie. Amen.
Dieu est admirable dans ses saints (Ps 67, 36)
Ces paroles du Psalmiste disent l’essentiel de ce que nous célébrons aujourd’hui. La naissance au ciel de Saint Padre Pio de Pietrelcina. Les 14 et 17 Septembre derniers, nous méditions sur la signification de la Glorieuse Croix de Jésus, puis sur la stigmatisation du Père Séraphique Saint François d’Assise. Le 20 dernier et ce 23 septembre, nous offre l’occasion de contempler la vie de Saint Padre Pio, ce saint de notre temps. De son vivant, le Père Pio de Pietrelcina est demeuré jusqu’au bout dans une relation filiale envers Saint François et s’est efforcé de l’imiter dans son amour très arqué pour Jésus crucifié, et aussi dans la recherche de la « minorité », avec cette humilité sincère qui lui faisait dire : Je suis le plus grand pécheur du monde (cf. Ep II. 186)
Padre Pio de Pietrelcina, le saint que nous célébrons aujourd’hui, se présente à nous comme une belle fleur qui a fleuri sous le regard bienveillant de Dieu. Il se présente à nous comme celui-là qui, sans jamais bouger ou effectuer un long voyage, a été le « saint du Peuple ». Une multitude de personnes ressentent un appel et une attirance spirituelle très fort pour lui. Cette attirance peut être perçue comme une réponse aux besoins de transcendance et du surnaturel qui touche l’homme d’aujourd’hui. Mais au-delà du mysticisme dont certains entourent la vie du Saint, Padre Pio veut nous apprendre à nous mettre à la suite du Christ, Lui l’unique nécessaire dans une humanité incarnée. Sa vie et ses écrits nous offrent le meilleur moyen pour tâter ce qu’il nous incombe de marcher à la suite du Christ jusqu’au sacrifice de la croix. Tout le dispose donc à être pour nous chrétiens, un maître dont les enseignements n’ont qu’un seul but : aimer Dieu, jusqu’au sacrifice de soi.
Saint Paul dans sa lettre aux Galates affirme que : « seule la croix est ma seule gloire » (Gal 6,14). L’apôtre des gentils opère ici une rupture nette, une rupture radicale, humainement impossible, mais possible dans l’Esprit Saint, de qui est née la nouvelle créature qui vit dans le monde nouveau de Dieu, inauguré par la résurrection du Christ : le monde qui sera nôtre pour toujours si nous faisons confiance au Seigneur. Paul invoque, pour ceux qui s’engagent sur cette voie, « la paix et la miséricorde, comme sur tout l’Israël de Dieu » (Gal 6,16), c’est-à-dire le peuple saint de Dieu. De cette manière, Paul est l’écho fidèle des paroles de Jésus que nous avons entendu dans l’Évangile et qui représentent le cœur de tout son message, vie et mission, accomplis sur la croix et définitivement confirmés par Dieu le Père en ressuscitant Jésus d’entre les morts. Jésus, le Fils, nous dit l’Évangile d’aujourd’hui, a tout reçu du Père et ainsi entre lui et le Père il y a un lien de parfaite connaissance mutuelle, une connaissance d’amour pour laquelle personne ne connaît le Fils que par le Père et personne ne connaît Dieu le Père que par le Fils et ceux à qui le Fils veut le révéler. C’est aussi le témoignage unanime des saints : pour arriver à Dieu, il n’y a pas d’autre chemin que Jésus-Christ crucifié et ressuscité. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir le cœur de Dieu, son attitude envers nous, et non seulement découvrir, mais entrer dans ce cœur. C’est à force d’y entrer que nous apprendrons à imiter la simplicité de Dieu, à l’instar de saint Padre Pio : « Père, je te bénis, car au cœur des tout petits, tu dis que tu es Père » (Luc 10, 21).
La simplicité est un mot qui revient constamment à l’esprit lorsque nous faisons la relecture de la vie du Saint stigmatisé. Cette simplicité, au-delà d’être une vertu, est du point de vue spirituel la capacité de mettre la recherche de Dieu en premier. Laquelle recherche n’est ni l’œuvre de notre intellect, ni celle de notre raison, qui voudrait tout réduire, y compris Dieu, à la mesure des goûts et des préférences. L’Évangile et par ricochet la vie de Padre Pio nous font comprendre que rechercher Dieu en premier, c’est se fait humble et petit. C’est à juste titre que Jésus affirme : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et opprimés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug – la croix – sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos, car mon joug est facile et mon fardeau léger. » (Mt 11, 28).
C’est dans la simplicité et à l’ombre de la croix que la vocation de Padre Pio s’est accomplie. Dans l’une de ses lettres de 1922, lui-même écrivait cette phrase qui synthétisait bien sa vocation : « J’entends en moi une voix qui me dit assidûment : sanctifie-toi et sanctifies les autres ». Dans cette tâche de sanctification qui était la sienne, il s’est attaché à la prière, en faisant montre de l’infinie miséricorde de Dieu. Il a su tout mettre à profit, à tel enseigne que tout était devenu pour lui une occasion de sanctification. Même au cœur de la souffrance physique qu’il ressentait dans sa chair, il avait confiance en Dieu. En bon maître de vie spirituelle, il nous apprend que : « La vie d’un chrétien n’est rien d’autre qu’une lutte perpétuelle contre soi-même ; et qu’il n’y a pas de floraison de l’âme à la beauté de sa perfection, sauf au prix de la douleur » (Cf. Ep. II, 43). Cette certitude est celle qu’avait déjà Saint Paul et que nous pouvons mettre également sur les lèvres du Saint que nous célébrons en ce jour : « J’ai été crucifié avec le Christ, et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ vit en moi » (Gal 2, 20).
L’exemple de saint François et à sa suite celui de Saint Pio doit nous pousser grandement à l’amour de la Croix : cela ne peut être séparé de notre vocation « Amor Crucis ! ». Les stigmates qu’ils ont reçus du Christ dans leurs corps sont une proclamation perpétuelle de cette exigence, qui doit être considérée comme la première condition pour suivre le Christ. D’ailleurs, dans une période de sa vie dans laquelle le Saint Padre Pio se trouvait dans le désarroi à cause de sa condition physique, il entendit le Christ en croix lui dire : « Sous la croix, on apprend à aimer ; et je ne la donne pas à tout le monde, mais seulement aux âmes qui me sont les plus chères » (cf. Ep I. 339). Cet amour pour la Croix resplendit au plus haut point dans la pauvreté évangélique, qui nous a été laissée par saint François, et après lui par Saint Padre Pio comme un héritage sacré. Les deux stigmatisés prolongent ainsi dans le temps et dans l’espace le mystère de la passion du Christ. Tout comme dans sa passion, le Christ nous a racheté de tous nos péchés, le Saint Padre Pio ne manquait pas de déverser sur les pénitents qu’il recevait au confessionnal, l’amour miséricordieux du Père. Il était un grand confesseur et un père pour une multitude ; un dispensateur de la miséricorde de Dieu qui nous fait renaître chaque jour. A ce titre, il nous enseigne également que la miséricorde est la puissance de Dieu qui fait toutes choses nouvelles, c’est la fidélité de l’amour dans les changements et bouleversements les plus radicaux.
Au-delà de tout ce que nous pouvons retenir de ce maître et à l’école du Christ en croix, trois choses sont primordiales : la prière, la foi et l’Eucharistie.
– L’invitation à la prière ; une prière de louange et de reconnaissance à Dieu, qui nous rendra plus conscients de la nécessité de prier pour le monde entier, de prier pour que toute l’humanité connaisse et accueille l’amour et le pardon du Père et se dirige vers le Père de Jésus et notre Père.
– L’invitation à la foi, une foi mûre et profonde dans le mystère du Crucifix ressuscité comme clé de l’existence humaine et de tout l’Évangile. Le Père Pio nous apprend à accueillir avec foi et amour la loi de la Croix, à tirer le bien du mal, la vie de la mort.
– L’invitation à redécouvrir la puissance extraordinaire de l’Eucharistie, de la communion eucharistique pour notre renouveau personnel, moral et social, et aussi la beauté du sacrement de la réconciliation qui nous rend capables de donner à tous les frères le pardon que Dieu nous donne.
Aujourd’hui, alors que nous nous souvenons de ce saint contemporain, élevons nos préoccupations vers Jésus, non seulement avec nos lèvres, mais avec notre cœur. Croyons que nos prières sont entendues : Dieu notre Père, par ton esprit, tu as élevé Saint Pio de Pietrelcina pour montrer à ton peuple le chemin de la perfection. Tu as fait de lui un pasteur de l’Église pour nourrir tes brebis de ses paroles et leur enseigner par l’exemple. Aide-nous par ses prières à garder la foi qu’il a enseignée et à suivre le mode de vie qu’il nous a montré. Amen !
Saint Padre Pio, Priez pour nous !
Paix et bien chers frères « Je n’ai pas encore commencé à parler, déjà je soupire. Non sans raison ! Mes gémissements sont comparables au déferlement des inondations, car ce que je craignais tant m’est arrivé, à moi mais aussi à vous ; le malheur que je redoutais s’est abattu sur moi, sur moi et aussi sur vous. En effet, notre consolateur s’en est allé, le pasteur qui nous portait dans ses bras comme des agneaux a quitté cette terre pour s’en aller dans un pays lointain »
Le Custode et le Conseil de la Custodie Saint Pio de Pietrelcina des Frères Mineurs Capucins du Bénin vous annoncent dans la foi et l’espérance, la fin du pèlerinage terrestre du Frère Giulio PIERANI dans sa 65ème année; tôt dans la matinée du 29 août 2022, suite à une courte maladie. Comme le recommande la tradition de l’Ordre, il est demandé à tous les confrères de prier pour le confrère défunt et à tous les prêtres de célébrer une messe en suffrage pour le défunt. Accorde à notre Frère Giulio, l’éternel repos et que brille à ses yeux la lumière sans déclin. Qu’il repose en paix ! Le programme des funérailles sera communiqué ultérieurement.